mardi 28 septembre 2010

Et de 150!


Ce week-end s'est déroulé un bel anniversaire entre Suisse et Franche-Comté. En effet, on célébrait le 150e anniversaire du chemin de fer de l'Arc Jurassien, entre Pontarlier et Neuchâtel via le Val de Travers. Cela fait donc un siècle et demi que le train accomplit sans faille sa mission dans cette superbe région! Quelque-part, c'est assez incroyable, je trouve.
Ayant eu vent de l'événement grâce à Gilbert, que je remercie grandement, vous vous doutez bien que j'avais l'intention d'aller faire un tour dans le Haut-Doubs pour voir de quoi il retournait. D'autant que le programme des circulations spéciales s'annonçait extrêmement intéressant, tout le contraire de la météo d'ailleurs. C'est donc sous de gros nuages que dimanche, je suis parti à Pontarlier avec un ami de l'ENSMM. Merci à lui d'avoir joué le chauffeur :)


Nous voici donc en gare de Pontarlier, où une pluie fine nous attendait. Heureusement, elle n'était pas seule! Sur les voies stationne du matériel fort intéressant. À gauche, une locomotive électrique suisse de type Ae 6/6. Je ne connais pas bien leur numérotation -qui a en plus changé récemment, c'est Ae 610 aujourd'hui, mais on va retenir qu'elle a 6 essieux ou que c'est une CC dans la nomenclature française :) Ces engins ont été introduits entre le début des années 50 et le milieu des années 60, ce n'est donc pas une machine toute jeune que nous avons sous les yeux. Pourtant, de part son aspect extérieur, elle ne faisait pas vraiment son âge! Les Suisses conservent très longtemps leurs machines et visiblement, elles sont bien entretenues. Ces locomotives sont d'ailleurs apparemment encore en service régulier. À droite, un matériel tout à fait différent: un autorail X3800 mieux connu sous son fameux surnom de Picasso. Il a été attribué à cette série en raison de son poste de conduite placé sur le toit et de façon excentrée, rappelant les tableaux du peintre. Il s'agit ici du X4039 de l'ABFC (Autorails Bourgogne Franche-Comté), qui avait fait le déplacement depuis Dijon pour l'occasion.


Nous avons vu l'électrique et le thermique, mais la vapeur n'était pas en reste avec la présence de cette machine de construction allemande. Du coup, je n'en sais pas beaucoup plus sur elle... Il s'agirait d'une A3/6 mais à part ça, je ne pourrait pas vous dire grand-chose. Ah si, qu'elle était quand même très différente de la 241P17, maintes fois présentée ici. Plus effilée, plus aérée et arborant une belle robe rouge et noire, elle était vraiment très esthétique. Une très jolie locomotive, pour sûr! Il y en avait aussi une plus petite sur le parking de la gare, venue du chemin de fer touristique voisin, le Coni'fer. Fait surprenant, elle était en chauffe! (vous pouvez voir une photo ici) Une loco sur un parking, voilà qui n'est pas courant ;)


Une vue des roues et des bielles. Les locomotives à vapeur sont quand même de sacrées réalisation mécaniques. Visiblement, celle-ci était très bien entretenue, mais je ne sais pas si elle appartenait à une association ou à la division historique des Chemins de Fer Fédéraux suisses (CFF). J'espère qu'il restera toujours des gens qui sauront les faire fonctionner, en prendre soin et les réparer. Gageons qu'elles ont encore un petit sursis: en Angleterre, des passionnés les reconstruisent à partir de... rien ou presque! :)


La SNCF était également de la partie, et avait pour l'occasion fait venir la CC7107 depuis la Cité du Train de Mulhouse. En voilà une idée qu'elle est bonne! La première locomotive française moderne détentrice du record du monde de vitesse sur rail (331 km/h en mars 1955) s'est donc payé un petit voyage dans le Haut-Doubs. Oh, elle a dû être aidée, car ici la tension n'est pas du tout adaptée à ses moteurs ^^ D'ailleurs, il n'y a même pas de caténaire sur la voie où elle est garée. C'est en tous cas une très belle locomotive!


Autre invitée SNCF, la voiture Corail dite "tranche napolitaine". Cette voiture de démonstration est en effet constituée de plusieurs livrées et aménagements intérieurs que les emblématiques Corail ont connu depuis leur livraison au milieu des années 70 (ça commence à faire, pour les plus anciennes!). Je l'avais déjà vue et je trouve le principe vraiment rigolo et original. Dedans, on passe successivement des anciens intérieurs en skai aux Téoz très modernes, en passant par les aménagements régionaux. Les plans du réseau, à l'intérieur, étaient aussi d'époque, et je peux vous dire qu'il y a un paquet de traits en moins aujourd'hui... Il y avait encore Pau-Canfranc! Je me souviens que lorsque je suis allé à Nantes en train pour ma classe de mer de CM2, la voiture dans laquelle j'avais pris place était encore "à l'ancienne"!



Passons aux choses sérieuses! De nombreuses circulations spéciales avaient lieu entre Pontarlier et Les Verrières, coté suisse. Cela ne représente pas un très long trajet, entre 10 et 15 minutes en train, mais assez pour trouver des coins intéressants. D'ailleurs, je n'étais jamais allé de ce coté du Haut-Doubs et cela confirme mes opinions du coin: c'est très beau! Bon, le temps était maussade... Mais ce n'est pas tous les jours qu'on peut voir ce genre de train circuler. En temps normal, ce bout de ligne doit voir passer un ou aller-retour TGV Paris-Bern, un ou deux frets suisses, et un ou deux allers-retours régionaux en matériel suisse. Ici, l'Ae 610 492-1 emmène sa rame vers Les Verrières et est vue quelques kilomètres après le superbe château de Joux. Mais ne remarquez vous rien à l'arrière du train?



Et si, ce petit nuage blanc n'était pas tombé du ciel mais s'échappait bien de notre belle locomotive à vapeur de tout à l'heure! Elle aide sa collègue électrique à pousser son train. Bon, en réalité, je ne pense pas que cette dernière en aie vraiment eu besoin ^^  Par ailleurs, dans ce sens, il aurait pu paraître normal qu'elle soit en queue, elle aurait ainsi été en tête pour les navettes retour. Cela aurait été un beau clin d'œil électrique/vapeur, je trouve. Mais en Suisse, aux Verrières, ils intervertissaient la position des locos. Du coup, notre belle vapeur se retrouvait toujours reléguée au second rôle. Apparemment, c'est RFF (Réseau Ferré de France) qui aurait imposé la présence de la machine électrique en plus de la vapeur, pour des raisons fumeuses d'homologation. Le comportement de RFF (et de la SNCF?) envers les circulations historiques me dépasse un peu, je trouve ça tellement dommage toutes ces histoires! Je pense que pour ce genre de manifestation, une petite dérogation n'aurait fait de mal à personne. Les machines sont très bien entretenues par leurs propriétaires respectifs, et vu la longueur et le trafic de la ligne, la quantité de matériel présent à Pontarlier et surtout aux Verrières, il aurait été aisé d'envoyer une locomotive en secours en cas de panne. Il me semble qu'on est bien loin des manifestations qu'organisent nos voisins suisses, allemands ou anglais. Enfin bon, elle a au moins eu le droit de venir sur nos rails, c'est déjà bien!


Voici donc le retour du train, électrique en tête donc... Ne vous y trompez-pas, j'aime beaucoup les locomotives électriques, j'ai même un faible pour elles, bien plus que pour les machines thermiques ou même vapeur. Surtout que celle-ci est quand même très jolie, dans sa belle robe rouge et bleu. Mais on n'a pas souvent l'occasion de voir des locomotives à vapeur en marche! Mis à part ça, je suis plutôt satisfait de cette photo, ça faisait un petit moment que je n'avais pas photographié de trains en ligne et ça m'a vraiment fait plaisir de recommencer :D En plus la lumière était plus jolie au passage de ce convoi, un beau coup de chance.


Vapeur en queue donc... La photo ne vaut pas grand-chose, c'est juste pour l'ambiance avec le nuage. Je vous l'accorde, il manque l'odeur et surtout, le bruit. À ce sujet, je vous conseille vivement d'aller écouter le sifflet de la locomotive (par ici, aux alentours de 9min40 par exemple). Il est très différent de celui de la P17: beaucoup plus sourd, il résonnait à travers toute la vallée. Impressionnant.


Et voilà, les deux machines repartent vers la Suisse. Cette fois, la loco à vapeur est juste derrière sa cousine électrique. Je pense qu'une fois en Suisse, elle pourra ainsi reprendre seule la traction de son train: il suffit de faire partir l'électrique. J'aurais dû attendre un peu encore avant de déclencher, le train est encore un peu "loin" et la photo aurait été meilleure.


Une dernière pour la route, juste histoire de voir le panache de fumée une dernière fois! Quand on le voyait s'éloigner dans les vallons, blanc sur fond de près verts et avec le son du sifflet, on se serait crû dans un film. Dire qu'il y a 60 ans, c'était encore banal, et qu'il y a 150 ans, le premier train passait ici... Belle évolution, quand même!

Voilà voilà, j'ai pas mal papoté dans cet article ferroviaire, comme toujours. Et encore, il y en aurait d'avantage à dire, mais j'essaie de ne pas trop m'égarer pour ne pas trop vous barber. De plus, comme il est un peu tard, ce n'est peut-être pas très clair. J'espère néanmoins que vous avez apprécié ces quelques photos, et surtout que dans un coin de votre tête, un petit nuage de vapeur s'est élancé sur les rails, quelque-part entre voyage et imaginaire...

Merci à toutes les personnes qui ont rendu une telle manifestation possible, tant coté suisse que français: compagnies ferroviaires, cheminots, bénévoles, etc. Merci aussi à Gilbert pour ses infos toujours précieuses, et à John' pour le trajet et la journée!

2 commentaires:

mca a dit…

Et merci à toi pour ce petit reportage fort agréable !!!

Armand a dit…

Mais de rien :) Content qu'il aie plu.