lundi 30 novembre 2009

La Chaux de Fonds, ici La Chaux de Fonds


Bon, c'était vraiment pas difficile ^^ En attendant de retourner sur le réseau des Chemins de Fer Chinois, je me suis rabattu sur des voies bien plus accessibles, surtout en une après-midi. C'est ainsi qu'en ce 19 novembre 2009, le soleil ayant daigné nous honorer de sa présence, je filais à la gare pour prendre un TER pas tout à fait comme les autres. Terminus: la Suisse! Le pays des montres, du chocolat, du gruyère... et des trains! Petit récit d'une escapade dont j'avais envie depuis longtemps.

13h30, je décolle de chez moi. Il va falloir que je me dépêche, le train part à 56. Pour une fois, les feux sont verts, et il n'y a pas trop de monde. Youpi, 13h44 me voilà devant le hall de la gare. Je me dirige vers les bornes libre-service... affichant toutes une jolie feuille "équipement hors service". Ça doit être le revers des feux verts. Bon, tant pis, j'irai au guichet... Il y a quatre personnes devant moi pour 3 employés. Si elles ne demandent pas "Besançon-Pau" via Brest, ça devrait aller. 13h54, après un petit moment de stress, j'ai mon billet aller-retour pour La Chaux de Fonds! Deux minutes plus tard, je suis confortablement installé dans un carré de l'X73500 qui me ménera de l'autre coté de la frontière...


Je connais déjà la ligne jusqu'à Valdahon, pour y être allé deux fois avec les vieux tromblons ayant aujourd'hui déserté le réseau SNCF. La montée le long de la Citadelle de Besançon, les passages perdus dans la forêt, les petites gares et les tunnels, je les ai déjà vus mais les retrouve avec grand plaisir. D'ailleurs, le mécanicien a eu le bon goût de s'arrêter de manière à ce que la pancarte de l'Hôpital du Gros-Bois soit bien visible depuis ma fenêtre. Depuis que je l'ai entendu, j'ai toujours trouvé ce nom rigolo. En plus, la gare est fort sympathique!


Après Valdahon, les choses sérieuses commencent. La ligne rejoint les confins du Haut-Doubs, et je ne m'attendais clairement pas à découvrir un paysage aussi attachant que celui que j'ai découvert. Petits villages, plaines verdoyantes et grandes forêts de sapins alternent avec des passages plus "montagnards" où la voie ferrée s'enfonce dans de profondes tranchées creusées à même la roche. Je suis scotché à ma fenêtre. Je me dis que j'ai encore trouvé un coin où habiter plus tard! À la sortie d'une grande courbe, une gare fait son apparition: vu sa taille et les équipements désœuvrés qui s'y trouvent, j'en déduis qu'il fut un temps où elle possédait plus qu'une voie, et qu'un chef de gare se tenait peut-être à la place de l'antique distributeur de billet hors-service. D'ailleurs, c'est seulement la seconde fois que j'en vois un, le premier se trouvait sur les quais décrépis de Buzy-En-Béarn, entre Pau et Oloron. Alors que je bénissais ceux qui ont été à l'origine du maintien en service de la ligne, nous nous sommes enfoncés d'avantage dans une vallée encaissée, baignée par la brume. Les quelques maisons que j'aperçois ressemblent d'avantage à des chalets qu'à de véritables maisons, toute revêtues de bois qu'elles sont. Enfin, alors que nous nous faisons dépasser par toutes les voitures sur la route longeant la voie, c'est l'arrivée à Morteau. J'aperçois d'innombrables stands de produits régionaux, des fumoirs... Pas de doute, c'est bien ici qu'on fabrique la fameuse saucisse du même nom! La plupart des passagers du train descendront d'ailleurs sur les quais de la petite ville. Après avoir attendu une minute un groupe de jeunes pressés, notre train redémarre et entame l'acsension d'une longue rampe. Je guette la frontière... Mine de rien, c'est la première fois que je me rends à l'étranger tout seul! C'est la grande aventure à 2h de train de Besançon! En contrebas, sur une route, j'aperçois enfin un poste-frontière. Un passage à niveau, puis un tunnel. Ça y est, pas de doute, la signalisation a changé, je suis en Suisse!! Tiens, d'ailleurs il y a une caténaire. Et le tac-tac-tac des rails non soudés a disparu. On a bel est bien changé de réseau :) Quelques instants seulement après la sortie du tunnel, nous stoppons en gare de Le Locle-Col des Roches. Un agent des chemins de fer fédéraux suisses (CFF) remet une boîte au contrôleur, un passager monte puis nous repartons. Si ç'avait été possible, je crois que je serais passé au travers la baie vitrée pour mieux voir la voie et les alentours. Incroyable, le train accélère, il n'est jamais allé si vite coté français. Je commence à saisir pourquoi l'on dit souvent que la Suisse est le paradis du ferroviaire. Sur le coté, j'aperçois une ligne à voie métrique s'enfonçant dans la montagne, puis nous marquons l'arrêt dans la gare principale du Locle. Mais puisque deux gares, ça n'est pas assez, quelques minutes après c'est au Crêt du Locle que nous stoppons. Décidément, les suisses aiment vraiment le train! Finalement, c'est avec une émotion toute particulière que je presse le bouton Ouverture de notre brave X73500 à l'arrivée à La Chaux de Fonds. Pour la toute première fois de ma vie, je pose le pied sur le quai d'une gare suisse. Ouahhhh, quelle aventure, du goudron, que c'est dingue! ^^


Et voilà. J'ai foulé le sol suisse. J'ai le choix entre repartir dans les prochaines minutes avec le train qui m'a amené ou rester un peu plus d'une heure en attendant le dernier mouvement pour Besançon. Ah ah, après ce périble digne des plus grands explorateurs, j'opte bien entendu pour la seconde solution... (J'aime bien cette photo, au passage ^^)


Rapide coup d'œil autour de moi. Mais c'est qu'il y a 6 voies à quai, ma parole! Mince alors, c'est grand comme Montélimar et il y a trois fois plus de quais. Un autre monde! Pendant quelques instants, je cherche une télé qui pourrait m'indiquer les prochains départs. Ah, c'est vrai qu'on est en Suisse, en fait les horaires sont sur des pancartes permanentes. Au moins 6 mois d'horaires sont résumés sur des pancartes légèrement plus petites qu'un plan de bus de Besançon. Bien sûr, les voies sont indiquées de façon indélébile. Ici, un an avant de prendre son train, on sait déjà sur quel quai il va arriver. J'ose à peine imaginer les centaines de renvois dont aurait eu besoin la SNCF sur de telles pancartes et j'admire avec un œil rêveur de VRAIS horaires cadencés. De 5h à 0h, à la minute .01, le même train file toujours au même endroit. Je me remémore en riant jaune des déboires que les voyageurs de Rhône-Alpes ont connu avec le pseudo cadencement mis en place dans la région il y a quelques années. D'ailleurs, autre différence, toutes les 10 premières minutes de chaque heure, il y a un train. Aucun trou de plus de 20 minutes sans train. Ah ah ah. Même à Besançon c'est pas comme ça. En fait, j'ai un peu l'impression d'être dans une gare du RER mais dans la campagne. Bon, c'est pas tout ça, mais il faudrait que je fasse quelques photos quand même. La lumière n'est pas terrible, mais il faudra s'en contenter pour mon tout premier cliché de train suisse en terre helvète: une rame Colibri assure un RegioExpress pour Le Locle.


Comme ça part et arrive un peu dans tous les sens, je ne sais pas trop où donner de la tête et j'imagine ce que ça donnerait à Montélimar si on transposait le modèle suisse en France. Ma foi, il y aurait certainement plus de trains à Pierrelatte! Ici, un Colibri se dirige vers Bienne. La prochaine fois, j'irai y faire un tour, tiens.


Sur les 6 voies à quai, 2 sont en fait à voie métrique. Il en existe quelques-unes en France, mais pas autant qu'en Suisse. C'est assez curieux de voir un véhicule s'apparentant à un tramway quitter la gare principale d'une ville. Je ne sais ni où il va, ni de quelle compagnie il est. En effet, plusieurs compagnies officient en Suisse et cela se passe merveilleusement bien. Je n'ose imaginer ce que ça va donner en France... Enfin bon, concernant ce train, je me souviens juste que la ligne semblait cadencée à l'heure puisque je l'ai vu revenir dans l'heure suivante.


J'ai à peine le temps de dire ouf qu'une automotrice des Chemins de Fer du Jura quitte elle aussi la gare. J'aime bien son esthétique, décidément, le rouge et les trains font bon ménage! Petite pensée au passage pour la Ligne des Hirondelles, dans le Jura français, sur laquelle je voulais me rendre initialement. J'avais juste oublié qu'elle voit passer bien moins de trains que ses homologues suisses et qu'il m'était impossible de l'emprunter depuis Besançon entre 9h et 17h... Oups, décidément, la Suisse a tout pour plaire en matière de ferroviaire!


Je photographie quand même les deux X73500 de la SNCF qui m'ont amené ici avant qu'ils ne s'en retournent vers la capitale franc-comtoise. Une fois partis, je me rends compte qu'une gare suisse, c'est vraiment silencieux. Forcément, tout est électrifié, et la seule chose qui venait troubler ce calme, c'était le bruyant moteur de camion de notre brave TER français. Tiens donc, d'ailleurs il n'y a même pas d'annonces d'arrivées ou de départs, ce qui accentue encore cette impression de silence. Ça fait vraiment bizarre de voir partir des trains sans "toudadadam" ni coup de sifflet! De temps en temps, rarement, une voix féminine annonce cependant "La Chaux de Fonds, vos prochaines correspondances..." en égrennant le quai de départ des prochaines circulations. Voilà donc un petit point négatif pour les gares suisses, en tous cas celle-ci, moi qui aime tant les annonces de gare à rallonge!


Profitant du "trou" de 20 minutes, je suis ensuite allé chercher quelques fiches horaires dans le hall et faire le tour du paté de maison situé autour de la gare. Non sans une certaine surprise, je découvre un grand arrêt de bus, style gare routière, que quitte justement un trolley bus articulé. flambant neuf. Là encore, je ne peux pas m'empêcher de penser à Montélimar et à son misérable réseau de 4 lignes avec un bus tous les 36 du mois. Je suis impressionné, ici les transports en commun c'est carrément autre-chose... Après avoir découvert que les passages pour piétons sont orange et qu'il y a des feux tricolores pour les piétons, je rejoins les quais pour le départ de ce Regio vers Bienne. Je ne suis pas spécialiste des trains suisses, mais j'ai l'impression qu'ils font la distinction entre nos TER rapides et avec peu d'arrêts, ce qu'ils appellent eux les RegioExpress et ceux qui desservent un peu tout, nommés simplement Regio.


Alors que le Soleil commence à dangereusement décliner, je clique ma première locomotive suisse en mouvement. Pendant ce temps, du coté des voies métriques, il y a de l'activité. Pour la première fois, je découvre un train de fret sur ce type de voie. C'est d'ailleurs ce qui ressemble à une automotrice passager qui en assure la manœuvre, voilà quelque-chose qu'on ne verra jamais en France. À ma connaissance, il n'y a pas de fret sur voie métrique en France, sauf en Corse. Et encore, s'il y en a encore, ça doit être aussi tous les 36 du mois.


Il est maintenant 17h00. Si le soleil a définitivement disparu derrière un nuage, la gare révèle une activité surprenante. Si je ne m'abuse, à ce moment, toutes les voies sont occupées. Forcément, avec un départ par minute, ça se bouscule un peu au portillon. Le monde qui monte dans les trains me laisse perplexe. L'impression de gare RER ressurgit. Et il semble qu'ici personne ne reste debout quand il y a encore de la place assise, à l'inverse des trains français dans lequels les gens n'osent pas s'asseoir si quelqu'un occupe déjà la banquette... Toujours en silence, les trains quittent la gare. Phénomène rare en Suisse, certains partent avec un retard d'une ou deux minutes. On leur pardonne aisémment vu la quantité de trafic, mais aussi en connaissant la ponctualité du réseau suisse: en 2007 96% des trains CFF sont arrivés avec moins de 5 minutes de retard. En France, il me semble que ça tournait dans les 87%, et avec moins de 10 minutes de retard. Autant dire que même si on se débrouille pas trop mal, on est encore loin de l'organisation légendaire suisse.


Il faut aussi savoir que les Suisses sont ceux qui parcourent le plus de kilomètres en train chaque année au niveau mondial. D'après Swissinfo.ch, chaque suisse ferait ainsi en moyenne 2422 kilomètres en train par an. Le Japon, autre grande nation ferroviaire et dont le réseau est aussi extrêmement bien développé, ne devance la Suisse qu'au niveau du nombre de trajets effectués par an: 71 pour les Japonais, 50 en moyenne pour les Suisses. Ces stastistiques assez impressionnantes sont dues notamment à la qualité du réseau, à sa ponctualité, à la modernité du matériel et à la centralisation du système d'horaires et de paiement malgré la précense de très nombreuses compagnies. La Suisse a beaucoup investi dans le ferroviaire, à l'inverse d'un certain pays qui commence par F et qui, non content d'avoir un réseau qui tombe en ruine par endroit (voir les incidents autour d'Orthez récemment), supprime des trains en ne pensant que Paris et TGV. Ainsi, après son plan Rail 2000 et l'arrivée à saturation de certaines lignes en heure de pointe, la Suisse réfléchit d'ores et déjà en place un plan intiltulé Rail 2030 pour résoudre ces soucis.
Sur la photo, il est presque 17h05, comme vous pouvez le voir sur l'emblématique pendule des CFF (on peut même la télécharger en fond d'écran animé sur leur site ^^). Dans quelques minutes, mon TER international, dont on aperçoit au loin les feux blancs, quittera sa voie de garage et rejoindra la voie 6, d'où il partira à 17h10, avec quelques minutes dans l'aile. Et voilà, c'est fini, retour en France après cette petite escapade ferroviaire suisse. C'était génial!!

Ah, avant de terminer, il fallait que je vous montre un truc qui m'a fait rire.
Désolé pour la qualité de l'image, mais mon scanner ne fonctionne plus comme il faut.
Dans les horaires suisses, il y a très peu de notes et renvois, comme on a l'habitude d'en voir des tas en France. En fait, pour la plupart des horaires que j'avais, il n'y avait aucun renvoi. Sauf un, sur les trains... français Besançon - La Chaux de Fonds. ^^ Je vous laisse donc apprécier le 1. en haut à droite de l'image. Ah la la, elle est belle la réputation de la SNCF en Suisse: horaires "à titre indicatif", on sait jamais, faudrait pas qu'ils soient pas en grève :p Au passage vous remarquerez le cadencement parfait: minute .50 et .32 dans ce cas. D'ailleurs j'aime bien la présentation en livret et très épurée des horaires des CFF, et on peut aussi prendre un tout petit carnet qui donne tous les horaires entre une ville et les principales autres en Suisse. Comme tout est cadencé, c'est faisable. J'aurais bien aimé voir la tête d'un tel carnet sur les trajets Grenoble-Pau :p

Enfin voilà... Tout ça pour vous dire que j'ai vraiment énormément aimé ma petite promenade sur rail vers la Suisse. Ça m'a permis de découvrir une vision vraiment différente des transports, et de vérifier par moi même certains aspects presque légendaires du chemin de fer helvète. Évidemment, et comme vous n'avez pas manqué de le remarquer, beaucoup de ces aspects m'ont plu et je trouve regrettable qu'on n'aie pas la même chose en France. Néanmoins, malgré ses quelques défauts (j'avoue que le coup de la suppression du Corail Metz-Montpellier du vendredi me reste toujours en travers de la gorge), j'aime toujours autant la SNCF. D'autre part, la Suisse est plus petite que la France et n'a donc pas à faire face aux mêmes problèmes qu'elle dans certains domaines: étendue du territoire, nombre de trains, nœuds de congestion... Enfin, je trouve que dans ce coté formaté et presque trop parfait, on perd une certaine "humanité" du chemin de fer. Je ne sais pas trop comment dire, mais je trouve qu'avoir un agent sur le quai et une annonce au départ du train, c'est quand même vraiment quelque chose que je regretterais si ça venait à disparaître. Et puis, je n'aurais plus aucune utilité pour personne s'il était trop facile de trouver les horaires Grenoble-Pau ^^

dimanche 29 novembre 2009

Nouvelle Lubie



Avant de vous parler de mon escapade ferroviaire en Suisse (Bien vu, monsieur le brésilien ^^) ou de vous présenter de nouvelles photos de Groix, voici quelque-chose d'un peu différent. Peut-être vous souvenez vous du plan de bus et de métro que j'avais dessiné pour St Marcel... Et bien j'ai décidé de recommencer mais en inventant complètement. J'ai tracé un archipel imaginaire, placé des villes au pif, et je les ai reliées par des lignes de chemin de fer. Je vous présente donc la dernière lubie qui m'est passée par la tête, les CFIC: Chemins de Fer des Îles Catenia. Bon, il y a une faute dans la légende qui n'est pas complète et quelques bugs sur les traits, je ne sais pas trop pourquoi. Ils ne sont d'ailleurs pas bien droits: je n'ai pas eu le temps de faire quelque-chose de propre. Et puis il y a un truc qui me chagrine avec ce plan, je ne sais pas trop quoi... Il faudra que je l'améliore d'ici quelques temps, que je lui donne un air plus professionnel. M'enfin je me suis bien amusé à le faire quand même :D
Vous remarquerez que les Îles Catenia ont un réseau extrêmement bien développé, et qu'elles sont même allées jusqu'à construire nombre de tunnels pour apporter rails et traverses sur tout l'archipel. C'est dingue non, on se demande qui a bien pu avoir cette drôle d'idée ^^
Enfin, sachez que je n'ai pas choisi les noms au hasard. Ça donne des choses curieuses, mais c'est pas grave... Bienvenue sur le réseau des CFIC!
Une version PDF est disponible ICI.

jeudi 19 novembre 2009

Quand la SNCF devient CFF


Ah ah, juste un petit article parce que je ne résiste pas au plaisir de vous montrer les toutes dernières fiches horaires qui ont rejoint ma sacoche. Et vous savez quoi? Je suis un vil infidèle, elles ne proviennent pas de la SNCF! Allez, je vous raconterai tout ça bientôt, car pour l'heure on m'annonce que le train pour mon lit est à quai. Néanmoins, avec les noms et le logo de l'entreprise ferroviaire, il est facile de deviner dans quel pays je me suis rendu!
Après la ligne des Cévennes et du Toit de la France en Lozère, me voilà à nouveau tombé amoureux d'une ligne de chemin de fer: celle des Horlogers. Une excellente journée, et croyez moi, ça fait du bien!

lundi 16 novembre 2009

Petites découvertes sur le site de RFF


Je vous en avais déjà touché quelques mots, mais voici désormais un petit article consacré à deux "intéressantes" découvertes que j'ai pu faire en me promenant sur le nouveau site de RFF (Réseau Ferré de France). Plus exactement, je me suis penché sur la partie consacrée aux cartes en tous genres ainsi que sur quelques annexes relatives à la gestion des circulations sur nos bonnes vieilles voies ferrées. D'ailleurs la nouvelle carte interactive qu'ils ont mise en place est vraiment pas mal je trouve. Il est juste dommage qu'on ne puisse pas avoir cette carte de façon nationale en PDF, avec toutes les gares. Je trouve que la version proposée pour ça est un peu lourde et plutôt moche, tandis que cette nouvelle présentation est vraiment lisible et plus complète au niveau géographie physique.

Je suis d'abord allé jeter un coup d'œil à la carte des sections élémentaires du réseau, que je vous présente ici. Rien de bien palpitant me direz-vous, et pourtant en me penchant d'un peu plus près sur les lignes que j'affectionne particulièrement, j'ai découvert ceci:


Un trait suspect a tout de suite attiré mon regard. Oh, je ne parle pas des lignes représentées ici et qui ne voient plus rien passer du tout depuis quelques temps, du genre Lannemezan-Sarrancolin ou feu la ligne Tarbes - Mont-de-Marsan. Je ne parle même pas de Montréjeau-Luchon et de son unique train TER quotidien, avec ses fameuses limitations à 10km/h... Non, je parle d'une ligne qui n'a pas vu passer de trains de voyageurs réguliers depuis 1988 et qui s'apparentait jusqu'à récemment plus à une forêt vierge qu'à une voie ferrée: Pau-Oloron-Canfranc. Nous y voilà! Le trait suspect, c'est "Oloron-Bedous", section poétiquement dénommée 48050B par RFF. Étrange, on serait bien en peine de faire rouler quoique ce soit dessus, même si un débroussaillage avait été effectué. Débroussaillage financé par la région en prévision de la réouverture annoncée pour 2010 de ce tronçon. Mais sans vraies nouvelles de ce projet depuis quelques-temps, on commençait à se dire que ça n'était que de la poudre aux yeux. Pourtant...

Un regard sur la note (i) portant sur notre fameuse section 48050B nous apprend qu'elle sera ainsi désignée à compter de la réouverture du tronçon. Voilà un bon signe, si RFF l'a intégré quelque-part, on peut se dire qu'il y a de fortes chances que Bedous et la vallée d'Aspe retrouve enfin le bénéfice du train! D'ailleurs la section Pau-Oloron va bientôt être entièrement rénovée, et croyez moi elle en avait bien besoin. Cette partie là au moins est acquise puisque les financements sont trouvés (merci la région Aquitaine) et que c'est inscrit dans les projets de RFF dans le cadre des Contrats de Projets État-Région, les fameux CPER. Prochaine étape: que les travaux commencent réellement sur le terrain, puis je l'espère l'apparition d'un nouveau trait portant la mention "48050C" et reliant Bedous à Canfranc.
Voyez-vous, ce trait, c'est un peu comme l'infime trace de vie qu'il reste dans la fabuleuse Transpyrénéenne du Somport...

Bon, c'est pas tout ça mais je doute que mon amour inconditionnel pour Pau-Canfranc intéresse bien du monde par ici (ni tout l'article d'ailleurs, m'enfin moi ça me fait plaisir alors ^^). Lorsque j'ai ouvert la carte générale du réseau, il y a donc autre chose qui a attiré mon regard. "Tiens donc, ils ont changé la couleur du fond, ils ont peut-être mis à jour certaines lignes". Allez hop, ni une ni deux, je suis allé voir du coté de l'Ardèche.

Voici un zoom sur la Vallée du Rhône sur la carte de 2007, pieusement conservée quelque-part dans mon disque dur. Regardez bien la couleur de la ligne de la Rive Droite (à gauche sur le plan donc, passant entre autres par Bourg-Saint-Andéol). Beurk, du vert... autrement dit "Ligne Fret". On remarque aussi un petit bout qui semble, contre tout bon sens SNCFien, s'engager vers les profondeurs inconnues du département oublié par le rail. Rassurez vous, il ne va pas bien loin et de toute façon, c'était juste histoire de dire "ouais, y a eu des rails ici un jour" si RFF l'a indiqué ici. À ma connaissance, point de fret à cet endroit depuis des lustres et des lustres, les derniers trains qui ont roulé sur ce misérable tronçon devaient être l'acheminement des rames pour l'association Viaduc 07. Un rapide coup d'œil à cette photo vous permettra de vous rendre compte de l'état des voies. D'ailleurs, si quelque-chose reroule à court terme sur cette voie, ça sera du touristique puisque Viaduc 07 est en bonne voie pour y prolonger son actuel réseau. La région quant à elle envisage des réouvertures pour... 2030. Bon, j'ai un peu dévié...

Voici maintenant la carte de 2009. Ah tiens, la Rive Droite a eu droit à un petit coup de peinture orange. "Lignes voyageurs et fret" nous apprend la légende. Ça alors, on m'aurait donc menti, il y aurait des trains de voyageurs en Ardèche. Que tout le monde se rassure, il n'en est rien... pour le moment. Ben oui, vu qu'on a le privilège d'être en orange sur la carte RFF, on est en droit d'espérer, non? Par ailleurs, si on lit le document concernant l'attribution des sillons (en gros les tracés, horaires...) sur les lignes les plus chargées de France, on remarque qu'en introduction pour la Rive Droite (qui figure dans ce palmarès à cause de son origine à Lyon) qu'elle est "actuellement dédiée au fret". On peut se dire qu'ils envisagent donc un retour des circulations voyageurs, malgré les réticences dont on m'avait fait part lors de ma rencontre avec les responsables SNCF. Rappelons que ce retour était initialement prévu pour 2010... Je ne sais pas trop où ça en est, mais on m'a dit que sous la pression des élus et de la région, ça devrait quand même se faire. Honnêtement, je pense que pour 2010 c'est un peu raté... mais voilà quelques éléments positifs à se mettre sous la dent pour les prochaines années.
Ah, on notera aussi que le fameux tronçon rebelle a été coupé dans son fol élan et a finalement retrouvé un statut plus "ardéchois": "ligne non-exploitée". Les grenoblois remarqueront aussi un petit bout de LGV (Ligne à Grande Vitesse) prévu pour eux à La-Tour-du-Pin, ce qui réduira un peu le temps de parcours vers Paris ou Lyon-St-Exupéry depuis la capitale des Alpes. Ne soyez tout de même pas trop pressés puisque celle-ci serait réalisée dans le cadre du projet ferroviaire Lyon-Turin, dont l'achèvement complet n'est prévu qu'en 2023. Sinon, la carte des vitesses limites sur le réseau est également fort intéressante puisqu'on se rend compte que celui-ci est vraiment décrépi par endroit, et que certaines lignes autrefois aptes à 200 km/h ne le sont plus qu'à 160 aujourd'hui par manque d'investissements et d'entretien. (par exemple à Pierrelatte, c'est ce qui explique pourquoi le "feu vert" en sortie de gare coté Marseille est toujours clignotant et pas fixe... ben ouais, ça veut en gros dire aux éventuels trains aptes à 200 qu'il faut rouler à 160...)
Bref, le site de RFF est vraiment intéressant pour un mordu comme moi, d'autant plus que l'aspect "géographie ferroviaire" me passionne vraiment. Quand je commence à me plonger dans les cartes, j'y passe vraiment du temps, et ça me désole de voir toutes les petites lignes qui n'ont plus droit d'y apparaître, ou qui s'effacent inexorablement, à coup de limitations de vitesse et de fréquences ridiculement basses.
Enfin bon, j'espère que cet article n'était pas trop ennuyeux quand même... D'ici quelques temps et si le cœur vous en dit, je vous parlerai peut-être des projets de lignes à grande vitesse, du sillon Alpin Sud (Chambéry-Grenoble-Valence) ou ce genre de choses :) Bon rail à vous en tous les cas!

Pour en savoir plus:
- Les cartes du réseau et des grands projets en cours
- Toutes les annexes, avec notamment une carte vraiment précise du réseau (avec toutes les gares ou presque, 3.3Mo par contre)
- Les projets dans vos régions

dimanche 15 novembre 2009

Un petit tour à Arc et Senans


Le 27 Août 2009, nous nous sommes rendus à la gare de Besançon-Viotte: destination Arc-Et-Senans, et plus particulièrement sa Saline Royale, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. C'est pratique car la petite gare du village est seulement à quelques centaines de mètres de celle-ci, alors pour une fois qu'on peut aller quelque-part en train, autant ne pas se priver!
Je vous préviens tout de suite, je n'aime pas trop cette série de photos. J'avais oublié de modifier mon réglage de sensibilité pendant quasiment toute la visite, du coup c'est souvent beaucoup trop clair et beaucoup plus bruité que d'habitude. Et puis je ne sais pas trop pourquoi, mais souvent ça penchouille, c'est pas super bien cadré. En gros, je n'ai pas été très inspiré. Pourtant, la Saline vaut vraiment le coup, c'est un bâtiment extrêmement réussi au niveau esthétique je trouve, et il est bien mis en valeur. Dire qu'il a failli disparaître, heureusement que le département du Doubs l'a racheté alors qu'on commençait déjà à en voler les pierres... Bref, voici quelques photos, mais qui ne mettent pas bien en valeur la beauté du site.

Nous voilà devant l'imposante entrée de la Saline, avec ses colonnades. Claude Nicolas Ledoux, l'architecte, semblait beaucoup les apprécier :)

Un petit regard à travers la grille nous laisse déjà entrevoir la majestueuse maison du directeur, autour de laquelle s'articulent les autres bâtiments.

Détail des colonnades. On devine aussi le porche et ses pierres désorganisées, symbolisant une sorte de grotte.

Ah ah, j'avoue que j'aime bien les vue de ce genre :D Alors j'en ai fait plein ^^

Ça y est, nous voilà à l'intérieur!

Encore la maison du directeur, une bien jolie bâtisse, n'est-il pas?

Il reste quelques arbres autour de l'allée centrale.

On ne dirait pas vraiment comme ça, mais l'intérieur du bâtiment qu'on voit ici est vraiment impressionnant.

Allez, on regarde encore un peu en l'air, juste pour le plaisir :D

Bon, je me suis un peu amusé là, c'est ce qu'on voit entre les deux battants du portail situé à l'arrière de la Saline. La voie ferrée la contourne à cet endroit. Dommage, il n'y avait pas de trains ^^

On ne voit pas bien parce que je n'avais pas d'avion à ma disposition, mais vu d'en haut la Saline forme un demi cercle. C'est vraiment très harmonieux comme construction, tout en symétrie. Malgré les imposantes frontons, je trouve que ça fait sobre dans l'ensemble. Certains architectes actuels avec leurs lubies déjantées feraient bien de s'en inspirer, je trouve.


Voici les colonnes de la maison du directeur, avec leurs blocs "carrés" intercalés entre les cylindriques.

Ces petits bâtiment carrés se trouvent dans les "coins" du demi-cercle formé par l'ensemble des autres constructions.

^^ désolé je peux vraiment pas m'en empêcher :D M'enfin sans nuage et avec la mauvaise sensibilité, c'est naze...

Ah, j'aime assez cette photo par contre. En fait j'ai trouvé ces échelles multicolores marrantes. Elles se trouvent dans le petit jardin de la Saline, et on peut monter sur l'édifice sur lequel elles sont appuyées (mais par un escalier ^^).

Des fleurs ^^ Bon, alors les couleurs sont moches, surtout sur la rouge... m'enfin bon, ça faisait quelques temps que j'en avais pas mis sur le blog alors...

Le vaste bâtiment symétrique de celui dont je parlais tout à l'heure. Entre eux se trouve la maison du directeur, dont on aperçoit ici le sommet.

Voilà le symétrique en question et la maison du directeur au centre.

Encore des fleurs, encore des couleurs bizarres -_-

Sur cette photo on devine un peu le demi-cercle dessiné par la Saline. En fait, dans l'idée de Ledoux, elle aurait été intégrée dans uneJustifier sorte de ville idéale. Malheureusement, il n'a pas eu le temps ou les moyens de terminer son projet. Certains des bâtiments qu'il avait imaginé étaient pourtant vraiment intéressants, un musée rempli de maquettes se trouve d'ailleurs à la Saline. On peut y découvrir qu'il avait des idées dignes des artistes abstraits d'aujourd'hui :-)

Voilà pour ce petit reportage sur le deuxième site classé à l'UNESCO du Doubs avec la Citadelle bisontine. Si vous passez dans le coin, arrêtez vous, ça en vaut la peine. Encore mieux, allez-y en train, comme nous! :)
La prochaine longue série de photos que je posterai ici concernera certainement Groix. J'ai pris énormément de photos lors de mon séjour à Toussaint, et certaines me plaisent bien, pour une fois. À bientôt, donc!

Pour en savoir plus sur la Saline:
- L'article qui lui est consacré sur Wikipédia
- Le site officiel, avec la photo aérienne où l'on voit bien le plan en demi-cercle (et la voie ferrée derrière :D)
- L'office de tourisme du village

mercredi 11 novembre 2009

Vous êtes bien arrivés à Besançon, terminus!


Comme promis, voici une des séries de photos que je devais vous proposer depuis quelques-temps déjà... En effet, ces clichés datent de fin août et ont pour sujet Besançon. J'espère que ça vous plaira.

On commence par un petit essai. Je n'ai pas de trépied alors je ne peux pas vraiment faire les cadrages que je veux, mais j'aime beaucoup cette vue de jour alors j'ai essayé de la faire de nuit pour voir. Il s'agit du centre-ville vu depuis la demi-lune protégeant l'entrée de la Citadelle. Sur la droite, le clocher de la cathédrale Saint Jean, que j'affectionne particulièrement avec ses tuiles vernissées.

Un des bateaux permettant de faire une "croisière" sur le Doubs en contournant le centre-ville. J'aime beaucoup les bâtiments qui longent la rivière à cet endroit.

Une photo que j'avais déjà postée. J'aime bien voir les villes un peu en hauteur, et ce point de vue sur la Boucle, le centre-ville de Besançon, me plait particulièrement alors je ne manque pas de dégainer l'appareil photo chaque fois que j'y passe!


Deux photos de la statue de Vauban siégeant juste après l'entrée de la Citadelle dont il a profondément revisité les plans.

J'ai vraiment mal cadré celle-ci, mais j'aime beaucoup la Tour du Roi, alors je la poste quand même. Il s'agit de l'étendue vierge séparant le premier mur d'enceinte de la Citadelle en elle-même.

Je ne sais pas si le drapeau européen était déjà présent au temps de Vauban, mais les douves l'étaient certainement ^^ Aujourd'hui, elles abritent des animaux pour le zoo de la Citadelle.

J'aime plutôt bien cette photo même si elle n'a rien d'extraordinaire. La Tour du Roi surplombe de toute sa hauteur la vieille ville de Besançon.

Petite vue sur les contreforts de la colline de Bregille. À l'endroit où des immeubles sont en construction se dressait un complexe ferroviaire et la majestueuse gare de la Mouillère, aujourd'hui presque réduite à l'état de simple halte sur la ligne Besançon-Morteau-Suisse.

Une petite vue depuis les remparts. On dirait pas comme ça, mais il y a un sacré gouffre à gauche, je n'étais pas très rassuré! On voit également le clocher de la chapelle de la Citadelle.

Une vue sur le premier rempart de la Citadelle coté ville, le Front Saint-Étienne si je me souviens bien. Le bâtiment avec le dôme qu'on devine au font est en fait l'hôpital. Classe, n'est-il pas? ^^

Et voici l'entrée principale de la Citadelle. Ce n'est pas le drapeau belge qui est accroché à gauche de la porte mais bien celui de la ville de Besançon.

Le bâtiment principal, qui abritait les soldats. Aujourd'hui, c'est le Musée de la Résistance et de la Déportation.

Ce petit mais massif édifice carré couvre le puits de 132m qui a été creusé dans la colline. Une sacrée prouesse pour l'époque!

Hop là, on est de l'autre coté de la boucle cette fois :)

Petite vue sur le Doubs depuis la "fenêtre" d'une échauguette.

Un petit bout des remparts et la Tour de la Reine, plus petite que son homologue "masculine".

J'aime bien l'architecture sobre et "carrée" de la Citadelle, ainsi que la couleur des pierres utilisées.

Une petite fleur sur un gros mur ^^ J'aime bien aussi cette photo, même si elle non plus n'a rien de particulier. Je la dédierai bien à quelqu'un, mais bon... je préfère la laisser comme ça pour ne gêner personne.

Tiens, un autre mur! Comme c'est curieux dans un bâtiment fortifié ^^

Une autre vue des remparts alors que la nuit approche petit à petit.

Vue de coté du Front Royal, avec l'immuable Tour du Roi. La lumière était vraiment chouette mais je n'ai pas vraiment sû l'exploiter.

Ici, on découvre les quartiers plus récents de Besançon, coté Belfort.

Un autre regard sur le bâtiment central de la Citadelle. Un épais mur, que l'on devine sur la gauche, le sépare en deux.

J'aimais bien les nuages fins qui surplombaient Brégille et la Tour du Roi, alors j'ai cliqué ^^

Un dernier coup d'œil...

Et c'est le retour vers la ville :)

Mais avant de redescendre tout en bas, ma fiche horaire m'a informé du passage imminent du TER en provenance de La Chaux de Fonds (Suisse) et à destination de Besançon-Viotte. Évidemment, j'ai attendu un peu pour le voir passer!

Voici donc notre TER International, contournant la Tour bastionnée de Rivotte et s'apprêtant à marquer l'arrêt à Besançon-Mouillère, dernier arrêt avant la "grande gare" de Besançon.

Et voilà, c'est sur cette touche ferroviaire que se termine cet article! J'espère que ça vous a un peu plu, même si pour ma part j'aime moyennement cette série. À bientôt pour de nouvelles photos :)